( Source : Éric Lallier -
Le Nouvelliste -
Sainte-Anne-de-la-Pérade ) -
«Il va y avoir un deuil à faire. Un deuil très difficile.»
La Subaru bleue dans laquelle prenaient place lers frères Értic et Jonathan Leduc a sorti de route, hier matin. Cette perte de contrôle, survenue à Québec dans une bretelle d'accès de l'autoroute Duplessis, aura coûté la vie aux deux hommes originaires de Sainte-Anne-de-la-Pérade.
Le cousin des frères Éric et Jonathan Leduc, Sébastien Lépine, s'est fait le porte-parole d'une famille ébranlée, hier.
De fait, à Sainte-Anne-de-la-Pérade, l'ambiance était lourde et l'entourage, difficilement consolable.
Pleurs et longues étreintes réunissaient les proches des deux victimes, qui n'arrivaient toujours pas à expliquer ce drame qui s'est joué aux petites heures du matin hier.
«Ça fesse, a avoué ce cousin. C'est deux jeunes et deux jeunes qui avaient un avenir prometteur devant eux. Ils avaient énormément d'amis et étaient connus de tout le monde.»
«Ce n'était pas que des frères, c'était des amis», disait-on par ailleurs au sujet des deux militaires décédés.
À preuve, Éric et Jonathan venaient tous deux d'emménager à l'intérieur d'un même appartement, à Québec.
Ce récent changement d'adresse n'empêchait pas les nombreux allers-retours entre la Vieille Capitale et leur village natal, où famille et amis étaient toujours présents.
Or, hier, tous cherchaient à comprendre ce qui avait mener les deux complices sur l'autoroute 40, si tôt en journée.
«On apprend tout au compte-gouttes», a confié Sébastien Lépine, qui disait attendre la visite de la Sûreté du Québec, en milieu de journée hier.
Ceci dit, une autre question habitait les membres de la famille.
Comment un tel drame pouvait-il enlever la vie à ces deux soldats, de retour après plusieurs mois passés à affronter le danger, en Afghanistan.
«On y pense, c'est sûr. Ils ont passé à travers l'Afghanistan. Ils ont vécu tous les deux des choses que le commun des mortels ne vivra jamais. Et de connaître une fin comme ça...» a lancé le cousin de ces deux militaires, la gorge nouée.
Toujours sous le choc, celui-ci a du même coup refusé de commenter les causes de cette tragédie, dont la vitesse pourrait être à l'origine.
«Présentement, toute la famille est à l'étape d'encaisser le coup de la disparition de deux personnes en même temps», a-t-il prudemment répondu.
Dans les faits, cette famille préférait s'en remettre aux bons moments passés aux côtés des deux frères.
«Il y a beaucoup de souvenirs qui remontent. C'était de très bonnes personnes. C'était des grands Péradiens, des grands Québécois et des grands Canadiens, a soutenu le porte-parole de l'entourage. Maintenant, ça va être à apprendre à vivre autrement...»
Une communauté secouée
Si les proches de Éric et Jonathan Leduc sont secoués, la communauté de Sainte-Anne-de-la-Pérade l'est aussi.
Le maire de l'endroit, Gilles Devault, avait de la difficulté à contenir ses émotions hier.
D'autant qu'il a vu les deux frères grandir à quelques pas de sa résidence de la rue de la Rivière.
«Ça me donne des émotions, a-t-il exprimé, la larme à l'oeil. Jeannot (le père des victimes) m'a déjà dit que ses enfants, c'était tout pour lui. Et là, il en perd deux, dans un même événement. Ils se tuent dans un accident bête.»
La nouvelle s'est répandue en peu de temps hier.
Le nom des deux militaires résonnait dans la municipalité d'un peu plus de 2000 âmes.
Fierté et reconnaissance étaient au coeur des propos du maire Devault.
«Les gens se connaissent tous. Ce sont des événements qui sont tristes. Devant tout ça, on ne peut pas être insensible», a-t-il fait remarquer, après avoir offert ses condoléances par téléphone à la famille Leduc.
Fin tragique pour deux frères
«Jeannot (le père des victimes] m'a déjà dit que ses enfants, c'était tout pour lui. Et là, il en perd deux.» - le maire Gilles Devault
Une famille de Sainte-Anne-de-la-Pérade traverse une difficile épreuve, après avoir perdu deux des siens de façon tragique, tôt hier matin.
À Québec, dans un accident de la route vraisemblablement causé par la vitesse, les deux frères, Éric et Jonathan Leduc, y ont laissé leur vie.
Les deux militaires rattachés à la base militaire de Valcartier, respectivement âgés de 25 et 22 ans, ont succombé à leurs blessures des suites d’une sortie de route, survenue en fin de nuit.
Vers 4 h, la Subaru bleue dans laquelle les deux hommes prenaient place a capoté en empruntant la bretelle d’accès de l’autoroute Duplessis nord sur l’autoroute 40 ouest.
Nombre incalculable de tonneaux plus tard, le véhicule s’est retrouvé plusieurs centaines de mètres plus loin, dans un boisé jouxtant la voie de circulation.
La perte de contrôle a été fatale et le passager a été éjecté.
Le conducteur serait quant à lui décédé sur le coup.
Tout près de la voiture, sur la chaussée, se trouvaient les effets personnels des deux jeunes hommes, témoignant de la violence de l’impact.
Un arbre a par ailleurs été sectionné lors du passage du bolide.
«Le véhicule a fait des tonneaux et il a traversé le boulevard au complet avant de terminer sa course dans le canal de l’autre côté», rapporte le porte-parole de la Sûreté du Québec, Richard Gagné.
Rapidement, les deux frères ont été transportés dans un centre hospitalier de la Vieille Capitale où les décès ont été confirmés.
Dès lors, une enquête policière a été ouverte.
Du coup, cette section de l’autoroute a été interdite à la circulation pendant une bonne partie de la journée, le temps de permettre aux autorités de reconstruire la scène de l’accident.
En revanche, la SQ peut d’ores et déjà soumettre l’hypothèse de la vitesse pour expliquer le drame.
L’alcool pourrait aussi avoir joué un rôle, mais des analyses doivent être effectuées avant d’en arriver à cette conclusion.
«On sait que la vitesse est en cause, observe l’agent Gagné. Pour ce qui est de l’alcool, des expertises seront faites plus tard.»
Lourd bilan
«Ça fesse. C'est deux jeunes et deux jeunes qui avaient un avenir prometteur devant eux.» - Sébastien Lépine
Ce nouvel épisode vient alourdir une fois de plus le triste bilan du nombre d’accidents mortels rapportés depuis le début des traditionnelles vacances de la construction.
Hier, le calcul en était à 13 décès sur les routes du Québec, seulement depuis vendredi.
Les autorités s’expliquent mal les raisons pour lesquelles surviennent autant de tragédies, en rafale.
Premier constat possible : le message de prévention martelé par les forces policières ne semble toujours pas trouver écho.
«Pourquoi? Je ne le sais pas. Pourtant, la présence policière est active et il y a eu beaucoup de sensibilisation, soupire Richard Gagné. Il y a des gens qui n’ont toujours pas saisi le message et ça cause des décès. Mais on va poursuivre, il y aura d’autres opérations et on espère que le message va passer.»
Des militaires engagés
Jonathan et Éric Leduc avaient tous deux foulé le sol de l'Afghanistan. Leurs funérailles pourraient être organisées par les Forces armées canadiennes, si la famille le souhaite.
Les frères Leduc étaient reconnus pour être des militaires engagés et avaient tous deux servi au cours du conflit qui sévit en Afghanistan.
Résultat : les victimes laissent derrière eux une autre famille, celle des Forces armées canadiennes cette fois.
À la base militaire de Valcartier, le choc était palpable.
Si les décès se comptent par dizaines à Kandahar et dans les environs, on peine à croire que de tels drames peuvent survenir une fois le retour à la maison effectué, sains et saufs.
«La situation est particulière», consent le Lieutenant de vaisseau, Charles Paquin.
En Éric Leduc, le 12e Régiment blindé du Canada a perdu l’un des siens.
Même chose pour le Royal 22e Régiment, à qui appartenait Jonathan Leduc.
Le premier revenait à peine de l’Afghanistan, où il a œuvré au sein du contingent canadien à titre de Cavalier.
Le second avait foulé le sol afghan en 2006, aux côtés de 70 autres militaires de la base de Valcartier.
«Valcartier est attristée par cet accident. C’est une peine qui va être ressentie par leurs collègues», se désole le Lieutenant.
Affectée par le drame, la base militaire de Valcartier pourrait organiser les funérailles des deux jeunes hommes.
Reste à obtenir l’aval de la famille.
Une rencontre à ce sujet devrait se tenir sous peu, selon les Forces armées.
«Lorsque les décès surviennent en théâtre, ce n’est pas le même processus, fait remarquer le porte-parole. Quand c’est civil, c’est la famille qui prend la décision. Les Forces armées pourraient organiser les funérailles, mais dans une dimension beaucoup plus sobre.»
( Origine : cyberpresse.ca/Le Nouvelliste )
Publié par : Marcel Charland
à 10:08:42
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